Confrérie




Le mot « confrérie » ou « confraternité » servait à désigner les associations qui, depuis le Moyen Age, prenaient une forme religieuse. Il y avait de nombreux types de confréries, qui pouvaient regrouper des gens de métiers (confréries des boulangers, des maçons, des bergers, des marins…), des gens d’armes (confréries chevaleresques, confrérie d’archers…), des clercs… 

Les pénitents constituent un type particulier de confréries qui tient son origine dans les mouvements des flagellants ou disciplinanti du XIIIè siècle. Les processions spontanées au cours desquelles ces fidèles se donnaient publiquement la discipline constituaient la forme la plus spectaculaire de leurs pratiques de pénitence. Afin de structurer ces mouvements et de réguler leurs pratiques pénitentielles excessives, les autorités ecclésiastiques, encouragèrent alors la fondation de confréries regroupant les fidèles désireux de pratiquer la pénitence pour assurer leur salut. La pratique de la flagellation publique est alors remplacée par la mise en place d’œuvres de charité assurant le Salut. 

Les confréries de pénitents sont une forme particulièrement aboutie de confréries de dévotion et proposent aux fidèles la possibilité de concrétiser leur foi chrétienne par des exercices de piété et par la pratique de la charité au sein d’un groupe encadré par l’Eglise mais autonome dans sa gestion interne. Les pénitents, pendant des siècles, inventèrent et régirent de nombreuses œuvres sociales et charitables (hôpitaux, monts de piété, secours mutuels…) qui assuraient la solidarité dans la plupart de nos villes et de nos villages.

Chapelles de pénitents



 
La chapelle est le centre de la vie d’une confrérie, c’est là que sont célébrés les offices, que se déroulent les assemblées, que débutent les processions et que sont centralisés les organes de gestion des œuvres caritatives. 

Les chapelles de pénitents ont souvent échappé à la mise sous séquestre des biens du clergé en application de la loi de 1905 puisqu'elles étaient propriétés d'associations. Lorsqu'une confrérie s'endort (non renouvellement des membres) le destin de la chapelle est lié au contexte local et aux décisions prises par les derniers membres actifs, ainsi dans le Comté de Nice on observe quatre cas de figure courants:
  • la chapelle est laissée à l'abandon
  • la chapelle est légalement cédée à la commune 
  • la chapelle est occupée par la commune (généralement à la suite d'un accord avec le clergé local qui n'a pourtant pas de légitimité pour prendre cette décision)
  • la chapelle est cédée à l'Association Diocésaine

La chapelle est l'expression architecturale de l'unité des confrères et de la puissance de la confrérie, elle renferme souvent des œuvres d'art précieuses accumulées au fil des siècles par les pénitents. Malheureusement, à la faveur de la suspension d'activités de nombreuses confréries de façon temporaire ou définitive,  certaines chapelles ont été dépouillées des éléments les plus significatifs de leur mobilier. Les pièces les plus précieuses ont rejoint le mobilier des paroissiales ou les collections des musées alors que les objets communs ou abîmés ont été simplement évacués... Dans les communautés du Comté de Nice où les confréries sont endormies depuis plusieurs décennies il faut beaucoup de patience et de passion pour parvenir à retrouver la trace de l'intégralité de leur patrimoine historique.


Livres d'offices



 
Le livre d’offices est un document essentiel à la vie d’une confrérie, il s’agit du recueil des prières, des hymnes et des psaumes que doivent réciter les confrères à certaines dates ou lors d’évènements particuliers comme l’élection du prieur, les processions, les prises d’habits... 

Le livre d’offices est un véritable rituel codifié à l’usage propre de la confrérie. Jusqu’au XIXème siècle chaque confrérie possède un ou deux volumes de ce type mais, par la suite, les évêques insistent pour que chaque confrère dispose de son propre livre. Cette exigence conduit à des éditions en grand nombre dans chaque province ecclésiastique ou même à l’impression de rituels propres à toutes les « compagnies de séculiers » dans certains diocèses importants, ce qui conduit à une uniformisation des rituels des confréries. De nombreux livres d’offices sont souvent conservés dans les sacristies des chapelles de pénitents du Comté de Nice et la plupart datent du XIXème siècle. 

Ces livres se transmettaient entre confrères et on retrouve souvent les noms de leurs détenteurs successifs inscrits sur la page de garde. Certains de ces livres portent aussi des mentions manuscrites destinées à adapter certaines fêtes à la réalité religieuse locale (ex : prière pour l’office du jour du patron de la paroisse), ou pour prolonger les offices par des invocations aux saints patrons de chaque confrérie.

Masses de procession




La masse de procession appelée « piatta » en pays niçois est un bâton au sommet duquel se trouve l’emblème de la confrérie. 
A l’origine ce sont de simples bâtons qui servaient à frayer un chemin pour les pénitents lorsque le parcours de la procession était encombré de fidèles ou de badauds, et qui permettaient de faire observer l’ordre processionnel aux confrères. Progressivement on a surmonté les bâtons d’emblèmes plus ou moins ouvragés peints ou sculptés. 

Les masses de procession sont des objets qui revêtent une symbolique importante car ils personnifient les corps de la confrérie là où il se constitue. Dans la chapelle elles sont placées à l’entrée des stalles des pénitents, dans les processions elles sont en tête de cortège ce qui explique qu’elles soient toujours au nombre de deux car en extérieur les pénitents processionnent toujours en deux files parallèles. 

Autrefois les confrères chargés de porter ces masses étaient désignés par le conseil d’administration et ils portaient le titre de « massier », c’étaient eux qui étaient chargés de l’organisation et du bon déroulement des processions et des cortèges funéraires pour l’ensevelissement des membres de la confrérie.

Le sac




Les pénitents se distinguaient des autres confréries par le port d’un vêtement spécifique qu’on appelle le « sac ». Selon les confréries le sac est désigné par différents noms courants : la cape, l’aube, la robe, la « cappa » à Nice ou encore le « camisu » dans le Haut-Pays… 
Le rôle premier du sac est de masquer les habits civils lors des cérémonies, établissant ainsi une égalité de fait de tous les confrères malgré les origines sociales diverses. Le sac est remis au pénitent lors d’une cérémonie solennelle qui marque l’entrée du postulant dans la confrérie. Cette cérémonie est calquée sur le modèle des prises d’habits dans les ordres mendiants et révèle une dimension spirituelle du port de l’habit puisqu’au moment de la vêture le prieur invite le pénitent à « revêtir l’homme nouveau qui a été créé selon Dieu dans la justice, la sainteté et la vérité ». 
Le sac est propriété de la confrérie qui, symboliquement, l’offre définitivement au confrère au moment de sa mort pour qu’il puisse être enseveli avec lui. 

La couleur du sac est fixée par les statuts, elle peut revêtir un caractère symbolique mais elle n’établit jamais l’appartenance à une « famille » confraternelle contrairement à l’usage des ordres religieux (ex : les pénitents « blancs » ne forment pas un « ordre » et n’ont pas de liens de filiation ou de hiérarchie entre eux qui serait manifesté par la couleur du sac). 

Le sac est associé à une corde qui ceint la taille et, autrefois, il était doublé d’une cagoule qui cachait le visage lors des processions en symbole d’humilité des confrères.

Officiers




On appelle « officiers » toutes les personnes qui ont une charge (un office) dans le conseil d’administration d'une confrérie. 
Le premier des officiers est le prieur qui dirige le conseil d’administration. Le terme de « prieur » fait référence à sa fonction liturgique car c’est lui qui dirige la récitation de l’office des confrères. Autrefois la charge de prieur était réservée aux membres sachant lire et écrire, aspect essentiel pour pouvoir administrer la confrérie et diriger la prière des pénitents contenue dans les livres liturgiques. Dans les faits l’alphabétisation du prieur révélait souvent son appartenance à une classe sociale supérieure.

Confrérie

Le mot « confrérie » ou « confraternité » servait à désigner les associations qui, depuis le Moyen Age, prenaient une forme religieus...